A l’heure où les différentes communautés chrétiennes fêtent le 500e anniversaire de la Réforme, intéressons-nous un peu au parcours de ces intellectuels protestants, pasteurs ou enseignants, qui se sont installés dans l’Outre-Forêt, et dont l’origine géographique est plutôt inhabituelle : la Transylvanie.
L’élite protestante de Transylvanie
Si la Transylvanie fait écho en nous, eu égard au roman de Bram Stoker, inspiré par le voïvode et prince de Valachie Vlad Țepeș (1431-1476) surnommé l’Empaleur ou encore Drăculea (soit « fils du dragon »), ce que l’on connaît moins c’est l’histoire quelque peu singulière du territoire où il serait né.

Dans la Transylvanie médiévale, trois nations privilégiées (Unio Trium Nationum, 1438) se partageaient le pouvoir : la noblesse hongroise (et son clergé), les Sicules et les Saxons de Transylvanie (Siebenbürgen Sachsen, le nom vient des sept places médiévales fortifiées alors construites par les colons saxons : Kronstadt, Schäßburg, Mediasch, Hermannstadt, Mühlbach, Bistritz et Klausenburg). Ces trois nations possédaient chacune, et de façon autonome, des zones administratives et de droit. Alors que les Sicules (en Skeklerland) et les Saxons (sur les terres de la Couronne hongroise) y avaient des privilèges étendus, la paysannerie était principalement installée en territoire féodal, divisé en huit comtés, chaque comté étant gouverné par un noble (ou un clerc) hongrois : les comtés de Inner-Szolnok (Szolnok), de Dobeschdorf (Doboka), de Klausenburg (Kolozs), de Thorenburg (Torda), de Weißenburg (Fehér), de Kokelburg (Küküllő), d’Eisenmarkt (Hunyad), ainsi que le district du Fogarascher Land (Fogarasföld). Un grand nombre de paysans saxons de Transylvanie vivaient donc eux aussi sur ces terres comtales, une situation donc relativement complexe.
Après la chute de l’Empire hongrois en 1526, la principauté de Transylvanie autrefois quasi-indépendante, devint vassale de l’Empire ottoman et le resta sur une grande partie de la période entre 1526 et 1699. Les incursions répétées des troupes des Habsbourg et les combats entre les différents protagonistes nobles et leurs prétendants au titre de prince, ont conduit à la destruction des villages et des villes ainsi qu’à l’appauvrissement de la population. Par la peste et la mise en esclavage des habitants par les Turcs et les Tatars de Crimée (rançons), la Transylvanie a connu des pertes importantes de sa population. Les hausses régulières des impôts prélevés pour le sultan ainsi que l’entretien des troupes engagées dans ces conflits endettèrent profondément les villes et les communautés. Ainsi, en 1676, la zone urbaine de Schäßburg (Sighișoara) a brûlé aux trois-quarts. En Alsace, les conditions semblaient de prime abord plus avantageuses qu’en Transylvanie, malgré le début des hostilités dues à la politique expansionniste du Roi-Soleil.
L’étude ici s’intéresse aux saxons de Transylvanie de confession protestante. C’est l’humaniste et théologien de la Renaissance, mais aussi cartographe et imprimeur en Transylvanie, Johannes HONTERUS (1498-1549), qui fut le grand artisan de l’introduction de la Réforme protestante en ce pays. Il y encouragea l’humanisme et prit en charge la conversion de la nation des saxons de Transylvanie à la doctrine luthérienne, il créa notamment dans sa ville natale Kronstadt (Brașov), en 1541, le premier lycée (Gymnasium) du Sud-Est de l’Europe. A cette époque, dans les pays de langue germanique, les étudiants qui fréquentaient les lycées protestants poursuivaient pour certains leurs études et visaient un poste intéressant : administrateur, juriste, médecin, enseignant, pasteur, etc. Ils étaient pour ainsi dire l’élite protestante du peuple germanique. Néanmoins, les saxons de Transylvanie ne disposaient pas d’une Académie, et encore moins d’une université, comme c’était le cas à Strasbourg depuis le milieu du XVIe siècle. Pour entamer leurs études supérieures, ils devaient voyager et souvent, pour les moins aisés, obtenir une bourse d’études. Ils étaient ainsi envoyés dans toutes les universités européennes de leur temps, un nombre plus important à Wittenberg cependant, d’autres à Altorf, Heidelberg, Padoue, Strasbourg, Tübingen, pour ne citer que celles-ci. En contrepartie de leur investissement intellectuel, les instances saxonnes de Transylvanie leur octroyaient souvent de bons postes, en cas de retour au bercail. Parmi ces étudiants, certains ont fait le déplacement dans notre province alsacienne, et en particulier dans l’Outre-Forêt, et ont laissé une descendance…
Les étudiants transylvains à Strasbourg (XVIe-XVIIe siècle)
La première incursion d’un étudiant transylvain à Strasbourg s’est faite auprès des réformateurs de l’Eglise strasbourgeoise, fondée par Martin BUCER. Gregorius Belényesi, en quête de réponses sur les différents courants réformateurs de cette période côtoya à partir de 1542, à Strasbourg, Conrad HUBERT, le disciple de Martin BUCER, passa par Paris, suivit Jean CALVIN à Genève, avant de revenir à Hermannstadt (Sibiu) en 1545[i]. Mais c’est à partir de la création de l’Académie de Strasbourg en 1566, que commencèrent à arriver en plus grand nombre, des quatre coins de l’Europe, des étudiants luthériens. Et surtout à partir de la création de l’Université, en 1621. Parmi eux, 107 étudiants de Transylvanie ont étudié à Strasbourg entre 1588 et 1699, surtout après la guerre de Trente-Ans. Une grande partie d’entre eux sont revenus en Transylvanie en devenant souvent pasteur ou poursuivaient dans l’enseignement, parfois avaient-ils des fonctions plus administratives. D’autres étudiants ont poursuivi leurs études dans d’autres universités, après leur passage à Strasbourg. Il n’en demeure pas moins que le devenir de 53 étudiants strasbourgeois originaires de Transylvanie nous était initialement inconnu.
En 1665, l’Université de Strasbourg était réputée en Franconie comme respectable et accessible ; il devait en être de même dans les autres régions du peuple germanique, comme la Transylvanie saxonne. Chaque étudiant, même celui qui n’avait pas trop de moyens, trouvait toujours aisément un moyen de subvenir à ses besoins dans la capitale alsacienne (« weil die Universität Straßburg damals in guten Stand war, und einer, der nicht allzu große Mittel zum studiren hat, sich mit informiren daselbst leichtlich forthelffen konnte »[ii]).
A partir notamment de l’ouvrage référence de BOPP[iii] qui recense les intellectuels protestants d’Alsace-Lorraine (pour la plupart des pasteurs, des enseignants y figurent aussi), nous pouvons identifier clairement ceux qui, parmi ces étudiants transylvains strasbourgeois, ont passé une partie de leur existence en Alsace. Ceux trouvés (la liste n’est donc pas exhaustive) sont au nombre de cinq, et sont tous passés par l’Outre-Forêt, parmi eux quatre y ont passé le reste de leur vie, ce qui est pour le moins intéressant. A ces cinq, on peut en ajouter un sixième, Georg GUNDHART, qui est lui passé par l’Outre-Forêt sans avoir étudié précédemment à l’Université de Strasbourg.
Ci-dessus, la liste des 53 étudiants strasbourgeois originaires de Transylvanie dont le devenir reste inconnu pour 48 d’entre eux. A remarquer que les noms de famille sont souvent latinisés, leurs lieux d’origine (de naissance en principe) le sont systématiquement mais ont été traduit dans la version allemande de l’époque lorsque cela a été possible (nota bene : Tr.= Transylvanie)
| Année d’immatri-culation | Faculté | Nom | Prénom | Origine |
| 1595 | — | SOMBORIUS | Alexander | Tr. |
| 1596 | — | HOGGEUS | Martinus | Tr. |
| 1619 | — | ROTH | Georgius | Tr. saxonne |
| 1622 | Médecine | LADISLAI | Georgius | Tr. |
| 1650 | Théologie | ROTH | Simon | Kleinschenk |
| 1654 | Philosophie | LITERATI | Georgius | Großschenk |
| 1654 | Philosophie | ROTH | Johannes | Kleinschenk |
| 1655 | Théologie | ANDREAE | Stephanus | Hermannstadt |
| 1655 | Théologie | HULDREICH | Andreas | Galten |
| 1655 | Philosophie | MÜLLER | Bartholomaeus | Streitfurt |
| 1655 | Philosophie | WACHSMANN | Andreas | Birthalmen |
| 1656 | Théologie | WENERTH | Johannes | Streitfurt |
| 1657 | Philosophie | BALLMANN | Andreas | Schäßburg |
| 1657 | Philosophie | GROLMAYER | Michael | Helten |
| 1657 | Philosophie | HERRMANNUS | Michael | Tr. |
| 1657 | Philosophie | KESLERUS | Paulus | Großschenk |
| 1657 | Philosophie | WOLFF | Martinus | Tr. |
| 1658 | Philosophie | SCHÜLLER | Simon | Scharosch |
| 1658 | Philosophie | THOMAE | Georgius | Bistritz |
| 1658 | Philosophie | TISCHLERUS | Matthias | Tr. |
| 1659 | Théologie | LAUTNERUS | Georgius | « Siburgerus Tr. » (pauvre) |
| 1659 | Théologie | MEMESCHER | Johannes | Tr.saxonne (pauvre) |
| 1660 | Droit | CHRISTIANUS | Georgius | Appold. |
| 1660 | Droit | SIFFDIUS | Tobias | Muschendorf |
| 1660 | Droit | ZILL | Johannes | Großschenk |
| 1663 | Philosophie | GRAU | Johannes | Bistritz |
| 1663 | Philosophie | WOLFF | Casparus | Großschenk |
| 1663 | Philosophie | ZECKELIUS | Jacobus | Muschendorf. |
| 1664 | Philosophie | REYGER | Michael | Bonesdorf |
| 1664 | Théologie | S(T)URIUS | Michael | Hermannstadt |
| 1665 | Théologie | BOST | Michael | Schäßburg |
| 1665 | Théologie | FELMERUS | Franciscus | Wurmbach |
| 1665 | Théologie | HEILIGIUS | Stephanus | Seiden |
| 1665 | Théologie | WAGNERUS | Petrus | Deckendorf |
| 1665 | Théologie | ZANGERUS | Stephanus | Mediasch |
| 1666 | Philosophie | FABRICIUS | Martinus | Schäßburg |
| 1668 | Théologie | KEYSER | Johannes | Helten |
| 1668 | Théologie | RENNERUS | Michael | Schäßburg |
| 1668 | Théologie | SYLVANUS | Samuel | Kronstadt |
| 1669 | Philosophie | STREID | Martinus Aegidius | Tr. saxonne |
| 1670 | Théologie | SCHULERUS | Petrus | Hermannstadt |
| 1673 | Philosophie | ROTH | Stephanus | Herrmannstadt (ou Bistritz?) |
| 1678 | Théologie | BEER | Georgius | Schäßburg |
| 1679 | Médecine | HONIUS | Johannes | Seiden |
| 1679 | Philosophie | WENTZELIUS | Georgius | Tr. |
| 1680 | Théologie | CONRADI | Johannes | Großschenk |
| 1681 | Philosophie | CRAMER | Peter | Bonesdorf |
| 1681 | Théologie | WEBER | Martinus | Bonesdorf |
| 1681 | Théologie | VONNERUS | Michael | « Verdino-Tr. » |
| 1683 | Théologie | ROTH | Georgius | Prosdorf |
| 1685 | Philosophie | GROS | Georgius | Schäßburg |
| 1685 | Philosophie | SIXTI | Georgius | Schäßburg |
| 1685 | Philosophie | SO(S)TERIUS | Martinus | Tr. |
| 1687 | Philosophie | ALBRICHIUS | Martinus | « Peschinô-Tr. » |
Six intellectuels transylvains en Outre-Forêt (1668-1738)
Samuel SYLVANUS (WALDHÜTTER?)
Samuel SYLVANUS est né le 24 septembre 1638 (date calculée) à Kronstadt (Brașov), en Transylvanie. Sa parentèle ne nous est pas connue. La patronyme original WALDHÜTTER n’apparaît pas directement dans les actes le concernant, cependant ce patronyme est très présent à Kronstadt au XVIIe siècle. Samuel S. s’inscrit dans un premier temps à l’Université de Wittenberg le 31 décembre 1659[iv], dont le prestige après la Guerre de Trente-Ans n’était alors plus tout à fait tel qu’il fut au milieu du XVIe siècle, mais qui attirait néanmoins encore un certain nombre d’étudiants, dont ceux originaires de Transylvanie. On retrouve ensuite Samuel S. s’inscrire le 23 novembre 1668 à la Faculté de théologie de l’Université de Strasbourg[v]. SYLVANUS semble être le précurseur de ces pasteurs transylvains s’étant installés dans notre province, puisqu’il arrive à Strasbourg dix bonnes années avant le suivant. On peut s’étonner de ces neuf années entre ses deux inscriptions universitaires, un parcours plutôt atypique. Le 9 mai 1675, Samuel SYLVANUS rend hommage en compagnie de Stephanus KEINZELIUS, un autre Transylvain qui avait par le passé étudié à Strasbourg et qui était retourné au pays en 1673, à Stephanus ROTH, un compatriote étudiant à l’Université de Strasbourg depuis deux ans, qui était décédé brusquement le 26 avril 1675[vi],[vii]. Si cette publication semble anecdotique, elle semble néanmoins confirmer le rôle de référent que semblait porter Samuel SYLVANUS au sein de la communauté des saxons de Transylvanie établis en Alsace, et parmi eux les étudiants. Samuel S. ne restera que peu de temps en Outre-Forêt, contrairement à quatre autres Transylvains de cette étude. D’abord au service des comtes de Hanau-Lichtenberg, il est nommé au poste de diacre à Ingwiller en 1682, puis dessert au titre de pasteur la paroisse d’Obersoultzbach entre août 1683 et septembre 1685[viii]. Il poursuit en 1686 à Westhoffen (près de Wasselonne), en tant que diacre où il sert jusqu’au printemps 1693 ; il est alors nommé pasteur à la paroisse d’Allenwiller, non loin de là[ix]. C’est vers 1690 que Samuel SYLVANUS épousa Eva METZGER, née le 6 juillet 1667 (date calculée), de vingt-neuf ans sa cadette (sic!), la fille aînée de Georg METZGER, forestier de la l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg du domaine d’Elbersforst (Balbronn) ; la Fondation possède en pleine propriété ce domaine forestier depuis 1614[x]. La mère d’Eva est Margaretha DINUS, une fille du prévôt d’Allenwiller. De leur union naquirent au moins trois enfants : Samuel SYLVANUS, l’aîné, qui fut artisan-boucher à Allenwiller, puis instituteur un peu plus tard (Schuldiener, 1746), Eva Margaretha (1696-1707) et Maria Salome (°1705). Après plus de vingt-quatre années au service de la paroisse d’Allenwiller, Samuel SYLVANUS s’éteignit le 9 octobre 1718, à Allenwiller et y fut inhumé deux jours plus tard[xi].
Peter CRAMER (KRAMER, KRÄMER, CRÄMER, CRAMERO, CRAEMERUS)
Peter CRAMER est né vers 1655 dans le village de Bonesdorf (aujourd’hui Alsóbajom), comté de Kokelburg, principauté de Transylvanie. Il est le fils de Donatius CRAMER, agriculteur (ou viticulteur) dans ce comté traversé par les vignes (Weinland) et appartenant alors à un membre de la famille Rhédey, des nobles hongrois, dont l’un d’eux fut également prince de Transylvanie en 1657‑1658. On ignore le réel niveau social de son père, ni quelle importance il avait dans son village. L’on sait néanmoins que la famille CRAMER était déjà présente à Bonesdorf depuis au moins 1630, puisqu’un certain Johannes CRAMER, sans doute apparenté – il a également exercé le ministère pastoral – y est né[xii]. Elevé dans une famille de confession luthérienne, le jeune Peter C., brillant élève, passa son examen de classe terminale en février 1679 au lycée de Schäßburg (Sighișoara)[xiii], qui était à cette période sous la direction du recteur Elias LADIVER, un professeur et dramaturge hongrois, spécialiste d’Aristote. C’est sous son rectorat (1678-1681) que plusieurs textes de dissertation (disputatio) de futurs universitaires, furent publiés. La dissertation était présentée oralement par le futur étudiant lors d’une session publique, sous la présidence du recteur. Ces publications permettaient à l’étudiant, mais aussi à l’auditeur, d’asseoir une certaine renommée ; ainsi ce dernier finançait-il en partie les frais liés à leur édition. Quatre d’entre elles nous sont connues, dont celles de Peter CRAMER et de Martin WEBER (que l’on verra un peu plus loin). Habituellement, le lycéen avait environ 18 ans à cet instant, Peter C. était tout de même âgé d’environ 24 ans, ce qui indique une pause dans son cursus scolaire. La maturité de Peter C. était cependant bien affirmée puisque peu après cet oratoire, LADIVER lui octroya le poste de professeur de la quatrième classe du lycée de Schäßburg (quartus collaborator), qu’il occupa de 1679 au 10 janvier 1681[xiv]. Il y avait alors quatre classes au lycée de Schäßburg, la quatrième était celle des plus jeunes élèves. Peter C. leur introduisit la littérature, la conjugaison (latin), mais aussi la langue grecque. Il avait aussi pour rôle celui de préfet (praefectus), qui était notamment responsable du maintien de l’ordre au sein du lycée [xv]. Comme certains de ses compatriotes et co-religionnaires saxons de Transylvanie, il prépara alors son voyage en direction de la rayonnante cité de Strasbourg, en cours d’annexion par le roi très catholique. La proximité française étant une menace pour les protestants de Strasbourg, ces derniers étaient sans doute bien heureux d’accueillir des intellectuels de leur confession, fussent-ils de Transylvanie. Peter C. s’immatricula à la Faculté de philosophie de l’Université de Strasbourg le 5 mai 1681[xvi]. C’est que Peter C. avait des préférences pastorales… le consistoire l’affecta alors en 1683 à la paroisse de Waldhambach, comté de la Petite-Pierre, appartenant au comte Léopold Louis de Palatinat-Veldenz. Il ouvrit le registre paroissial (« angefangen durch Petrum Cramerum Transylvanum pro tempore Pastore Hamb.[ach] ») et administra son premier sacrement de mariage le 24 août 1683. Quelques mois plus tard, le 28 janvier 1685, il épousa à Strasbourg (paroisse du Temple-Neuf) Anna Maria BRUNN[xvii], la fille de l’orfèvre et messager de la chancellerie, Samuel BRUNN (1625-1686), un arrière-arrière-petit-fils de Conrad HUBERT (1507-1577), dont a déjà été fait allusion précédemment, théologien, compositeur de cantiques, prédicateur et secrétaire du très célèbre réformateur strasbourgeois Martin BUCER[xviii]. De cette union naquirent neuf enfants : Johanna Elisabetha (°1686), qui épousa en premières noces Johann Michael FILLHARDT, prévôt à Lembach (Stabhalter), Simon Petrus (°1687), Johannes (°1688) qui épousa Catharina MULLER à Langensoultzbach, Philipp Jacob (°1691), Samuel (°1693), Regina Magdalena (°1695), Anna Maria (°1697) qui épousa Hans Georg WAGNER à Langensoultzbach, Johann Ludwig (°1700) et Friedrich (°1702) qui épousa Regina RUHLMANN à Langensoultzbach. Après sept années passées à Waldhambach, Peter C. fut nommé dans la seigneurie des Eckbrecht de Durckheim à la paroisse de Frœschwiller en 1690 et desservait également Langensoultzbach, où il s’installa entre 1697 et 1700[xix]. Après plus de quarante-huit années de service auprès des communautés de Langensoultzbach, de Froeschwiller et de leurs dépendances, le fidèle et loyal pasteur Peter CRAMER s’éteignit, le 26 août 1738. Il fut inhumé deux jours plus tard dans le cimetière de Langensoultzbach[xx].
Martin WEBER (TEXTORIS[xxi])
Martin WEBER est né vers 1661 dans le village de Bonesdorf, tout comme son ami Peter CRAMER. Sa parentèle nous est cependant inconnue. Il s’immatricula au lycée d’Hermannstadt en 1676 (adolescente) où il resta jusqu’au 9 janvier 1679, avant de rejoindre à son tour le lycée de Schäßburg et y faire sa classe terminale[xxii]. Un an plus tard, en juin 1680, c’est là qu’il soutint lui aussi son oratoire devant Elias LADIVER (voir encadré), en débattant sur le troisième et dernier volet de la série Controversiarum metaphysicarum, deux autres lycéens ayant débattu également sur le même thème philosophique, et ayant également fait publier leur disputatio. C’est en compagnie de Peter CRAMER que Martin WEBER effectua le voyage vers Strasbourg, puisqu’il s’immatricula également le 5 mai 1681 à l’Université de Strasbourg, cette fois à la Faculté de théologie[xxiii]. On le retrouve ensuite en tant qu’instituteur (praeceptor) à l’école protestante d’Oberbronn à partir de 1687/88, il habite alors à Zinswiller[xxiv], bailliage d’Oberbronn, comté de Linange-Westerbourg. Bopp l’indique également diacre à la paroisse d’Oberbronn en 1694, mais sans doute n’a-t-il dû l’être, au mieux, qu’épisodiquement et uniquement cette année-là[xxv]. En effet, il apparaît à de nombreuses reprises dans le registre paroissial uniquement en tant qu’instituteur (praeceptor). Ca n’est que son successeur Philipp Jacob LUFT qui commence à s’intituler diacre (diaconus), à compter de 1706. Martin W., après près de cinq années d’enseignement à Oberbronn, y épousa le 5 février 1693, Anna Barbara SPECHT, la fille d’un viticulteur et bourgeois d’Oberbronn, Johann Philipp SPECHT[xxvi]. Après tout, Martin W., né dans le Weinland de Transylvanie, était-il lui-même probablement issu du même milieu vigneron. Cinq enfants naquirent de leur union : Johann Friedrich (°1693), Johann Jacob (°1696), Martin (°1698), Maria Elisabetha (°1701), et son fils posthume Johann Georg (°1703). Il est remarquable de noter que les liens entre Martin WEBER et ses compatriotes de Transylvanie, qui se sont eux aussi établis en Outre-Forêt, ont été conservés. Ainsi on peut lire que les pasteurs Johannes HONIUS (que l’on verra plus loin), Peter CRAMER et les épouses de ceux-ci, lui apportèrent leur soutien à l’occasion des parrainages de ses trois premiers enfants (HONIUS en 1693 et 1696, CRAMER en 1698). Après près de quinze années de bons et loyaux services en tant qu’enseignant, Martin WEBER s’éteignit au courant de l’année 1703, dans des circonstances qui demeurent mystérieuses, son acte de sépulture ne nous étant pas parvenu. Si c’est sans doute le plus modeste parmi les intellectuels transylvains de cette étude, c’est le seul dont l’œuvre éditée nous soit parvenue…
Dissertation de fin d’études secondaires de Martin WEBER (juin 1680) : Controversiarum Metaphysicarum Disputatio Tertia. De Affectionibus Entis in specie nempe Uno & Vero indeq manante Usu Theologico, Ethico, Physico & Logico. Hanc sub Dei Opt. Max. Auspice Praeside Elia Ladivero Coll. Eper. P. P. Rectore Scholae Schaesburgensis publicae ventilationi Martinus Textoris Scholae ejúsdem Stud. sistit. Ad diem Junii Anni M.DC.XXC. Cibinii, Excudebat Stephanus Jüngling. A droite la deuxième page, il s’agit de la première des deux pages de remerciements.
Il subsiste deux variantes de cette publication, conservées à la Bibliothèque Nationale de Hongrie (Budapest). Les deux variantes diffèrent seulement en pages 2 et 3 (remerciements). Martin Weber est très exhaustif lorsqu’il remercie les différents dignitaires et maîtres qui ont jalonné son parcours, ce qui est d’un intérêt historique remarquable. En effet, les deux seuls exemplaires qui semblent avoir survécu sont en fait deux variantes. Dans la variante présentée ci-dessus, les remerciements sont adressés aux ecclésiastiques, dans la seconde variante ils sont à destination des maîtres, des administrateurs, des juristes, des collègues. Au total, pas moins de 31 personnes sont citées, ce qui est riche. Les voici (D. = Dominus = Messire) :
(variante 1) Maîtres, protecteurs, rayonnants mécènes, avec tous les honneurs :
D. Michael Helvig (Bourgmestre de la ville de Schäßburg), D. Georg Schobel (pasteur de l’église de Schäßburg, inspecteur scolaire, dizenier du chapitre de Keisd), D. Johann Schweischer (juge de district), D. Andreas Valentini (juge du comté de Schäßburg), D. Georg Jirlingh (trésorier émérite), D. Michael Kreutzer (enseignant), D. Georg Matthiae (fermier), D. Peter Filken, D. Stephan Hintzmann, D. Georg Schnell (directeur d’hôpital), D. Michael Deli (sénateur de Schäßburg), D. Johann Merckell, D. Johann Maurer, D. Johann Schuler, D. Johann Krempes (notaire public), D. Michael Schmidt, D. Martin Streitforder (centumvir).
(variante 2) : Maîtres, protecteurs et promoteurs à l’âge admirable :
D. Stephan Gunthard (pasteur de Bulkesch, dizenier du chapitre de Bulkesch), D. Johann Fabri (pasteur de Grossprobtsdorf), D. Andreas Mätz (pasteur de Feigendorf), D. Matthias Bayer (pasteur de Seiden), D. Paul Werner (pasteur de Baassen), D. Georg Schwartz (Pasteur de Taterloch), D. Andreas Fabri (« Past. Balastalkiensi »), D. Michael Lanius (pasteur de Bonesdorf, Ancien du chapitre), D. Andreas Kaufmann (« Past. Schonensis »), D. Daniel Wachsmann (pasteur de Mechelsdorf), D. Valentin Stampff (pasteur de Kleinprobstdorf), D. Michael Pistoris (« Past. Pustalkiensi »), D. Stephan Krautz (pasteur de Langtal), D. Jacob Manichio (« Pastori Woltzensi »).
Johannes HONIUS (HOHNIUS, HONNIUS, HONI)
Johannes HONIUS est né vers 1647 dans le village de Seiden (Jidvei), en Transylvanie. Son père homonyme était pasteur à Seiden, entre 1643 et 1655[xxvii], et également dizenier du chapitre de Bulkesch (« decanus capituli Bolgatziensis »). Johannes HONIUS s’immatricule au lycée de Mediasch (Mediaș) en 1662, puis une seconde fois en 1665[xxviii]. On le retrouve ensuite à l’Université d’Altdorf près de Nuremberg (Bavière), à compter du 18 février 1676[xxix], bien après son passage au lycée, ce qui est à relever. Comme pour Peter CRAMER, la poursuite de ses études n’a pas dû être chose aisée. Trois ans plus tard, le 20 juin 1679, il s’immatricule à la faculté de médecine de l’Université de Strasbourg [xxx].
Johannes HONIUS rencontra alors Anna Catharina SCHMUTZ, née en 1647 à Strasbourg, avec qui il convola en noces le 19 juin 1681 à Strasbourg (paroisse St-Guillaume). Son épouse, enceinte lors de leur mariage – ce qui n’est pas très « catholique » si l’on peut dire – était la fille d’un capitaine, Melchior SCHMUTZ (+ av.1667), et la veuve de Christoph Wilhelm STROMER (1638-1679), notaire public à Strasbourg, et fils de Georg Philipp STROMER, bourgmestre à Worms en 1636[xxxi]. Le désormais parâtre prit également sous son aile les trois enfants issus du premier lit de son épouse, à savoir Hans Philipp (°1668), Anna Catharina (°1671) et Maria Barbara STROMER (°1673). Le fils aîné du couple, Johannes HONIUS, naquit le 1er décembre 1681 et fut baptisé ce jour-là à l’église St-Guillaume. Sur l’acte de baptême, son père est indiqué instituteur, d’origine hongroise (« ein Praeceptor aus Ungarn ») : il a donc choisi de ne pas poursuivre la médecine et de s’orienter vers un métier plus en rapport avec ce qui semblait être sa vocation et qui était aussi celle de son père. On le retrouve ainsi appelé à servir Dieu. Le pasteur HONIUS fut envoyé à Gumbrechtshoffen et Mertzwiller, des villages du bailliage d’Oberbronn, comté de Linange-Westerbourg. Il y fut en poste au plus tard à partir de 1685[xxxii]. Un second enfant naîtra de son union, Maria Magdalena (°1685), qui épousera en 1715, à Gumbrechtshoffen, Johan Georg IFFERT, fils d’Heinrich IFFERT, percepteur à Wettesingen dans le landgraviat de Cassel (Hesse), « Herrn Henrich Iffert hochfürstlicher Hessen-Casselischer Contributionsverwalter alda », où un certain Johann IFFERT était déjà pasteur, entre 1628 et 1667. Après plus de trente-cinq années au service de l’Eglise, Johannes HONIUS s’éteignit en 1720, à Gumbrechtshoffen.
Georg WENTZEL (WENTZELIUS)

Georg WENTZEL est né vers 1643 en Transylvanie. Sa parentèle ne nous est pas connue. Il s’inscrit le 30 avril 1679 à la Faculté de philosophie de l’Université de Strasbourg[xxxiii], comme certains de ses compatriotes il est donc plutôt âgé pour des études, puis est cité en 1686 comme instituteur à Pfaffenhoffen, comté de Hanau-Lichtenberg, dans le même secteur que Samuel SYLVANUS, avec lequel il est probable qu’il ait eu des contacts. Il accepte ensuite en septembre 1686 le poste de Provisor de l’école luthérienne allemande de Wissembourg, à condition qu’il soit rajouté quelque-chose à la dotation annuelle prévue (« Ein missiv von H. Görg Wentzel dem Schuldiener zu Pfafenhofen abgelesen in welchem derselbige sich erklärt, die Provisor Stell bey der Teutschen Schull anzunehmen, wofern Ihme zu der ord. Besoldung etwas addiret werde. », 25 septembre 1686)[xxxiv]. Le Magistrat de Wissembourg, l’organe exécutif de la ville impériale, répondra favorablement à sa demande en rajoutant 60 florins à la dotation proposée initialement et invite Wentzel à prendre dans ce cas ses fonctions au plus vite. Les luthériens de Wissembourg disposaient à cette époque d’une école allemande, dirigée par le Schulmeister (directeur de l’école), assisté du Provisor, ainsi que d’une école latine dirigée par le Rector. En outre, le Provisor était chargé de l’instruction des plus jeunes élèves. Voici la compétence du Provisor Georg Wentzel à son arrivée, fin 1686 : 60 florins, 20 maldres de seigle, 8 cordes de bois, 4 ohms de vin, un logement de fonction gratuit, ainsi que les revenus de l’écolage. Quelques années plus tard, Wentzel s’insurge du fait qu’on ne l’ait pas autorisé à participer au chant aux côtés du directeur de l’école lors des cérémonies funèbres, et prie le Magistrat de faire respecter le règlement l’y autorisant. Le Magistrat y répond favorablement : toute l’école allemande devra se déplacer aux cérémonies, il n’y a pas lieu d’exclure les petits écoliers ou de les mettre en retrait, il en va de la bonne discipline de bien les éduquer (« nachtrucklich befohlen bey also einfallenden Leichbegräbnussen mit der gantzen Schul Frequenz zu erscheinen, und daran die Klein Schulkinder nicht auszumustern oder zuruckzustellen, sonder selbige wie mit andern sein soll, also auch alhir in der Forcht Gottes und guther Disciplin fleissig aufzuerziehen », 17 août 1689). C’est dans le registre de la paroisse St-Jean que Georg WENTZEL nous indique, dans sa signature, son origine de Transylvanie (« Georg Wentzel, Provisor der Teutschen Schulen Natia Transylvania » le 25 décembre 1689, « Georg Wentzel, Siebenbürgner und Provisor » le 30 novembre 1692), ce qui nous a permis de le confondre avec l’étudiant strasbourgeois. Le 2 décembre 1693, le Magistrat indique au nouveau directeur de l’école allemande, Johann Michael WILHELMS, cinq conditions à respecter pour son nouveau poste. La cinquième de ces conditions explique que le Magistrat ne tolérerait pas qu’on vienne porter préjudice au Provisor Wentzel, qui mérite le respect dû à son rang (« dass auch fünftens der Provisor Wentzel so viel die Kürch und Schuhlen Labores und deroselben anorthnung betrefe undter Ihme stehen und den respect Eines im Ambt Ihme vorgesetzten leisten solle damit besorglicher streith und übelständig wessen vermeidten bleibe »). En comparaison, la compétence du directeur WILHELMS est également précisée, à savoir 80 florins, 4 maldres de seigle, 12 cordes de bois, ainsi que des revenus de l’écolage (Schulgeld). On le voit, Georg WENTZEL a du se battre pour se faire une place et pour se faire respecter par ses pairs, avec le soutien, nous l’avons vu, du Magistrat, et l’on ne peut s’empêcher de penser que cela était peut-être dû à son origine quelque peu étrangère.
Georg WENTZEL s’unira le 23 octobre 1691 à Wissembourg, en l’église St-Jean, avec Margaretha VETTER, la fille de feu Peter VETTER, bourgeois tanneur établi à Wissembourg[xxxv]. De leur union naquirent deux enfants. L’aîné Georg Philipp (°1699) épousera en 1725 Maria Margaretha BÖLLEN, la fille d’Alexander BÖLLEN, tonnelier à Wissembourg. Georg Philipp compte dans sa descendance le fameux imagier wissembourgeois Jean Frédéric WENTZEL. Le cadet, Johann Georg (°1702), épousera Maria Veronica MULLER, la fille de l’aubergiste « A l’homme sauvage » de Weiler, Félix MULLER, dont il reprendra l’auberge. A noter, chose intéressante, que le parrain lors du baptême de Johann Georg est un certain Johann Georg GUNDHARDT, pasteur à Dörrenbach (Palatinat), qui avait précédé Peter CRAMER à son poste, à Langensoultzbach et Froeschwiller, où Gundhardt avait officié entre 1685 et 1690. Ainsi l’on peut supposer que Georg WENTZEL avait également gardé des contacts avec ses compatriotes les saxons de Transylvanie, établis dorénavant en Outre-Forêt. Après plus de trente-quatre années en tant que Provisor à Wissembourg, Georg WENTZEL s’éteignit le 6 décembre 1723, à un âge de 80 ans.
Georg GUNDHARDT
Georg GUNDHARDT est né vers 1661 à Mediasch (« Media Transsylvanus Saxo »). Il est fils d’Andreas GUNDHARDT, co-recteur au lycée de Mediasch (« gewesenen Conrector ibidem »). En premier lieu pasteur de Wintersbourg, Berling et Vilsberg, comté de la Petite-Pierre, il épouse à Bouxwiller le 30 novembre 1683 Catharina ENGELBACH, la fille de feu le pasteur de Neuwiller-lès-Saverne Georg ENGELBACH (+03.11.1678 à Neuwiller)[xxxvi]. Il est ensuite affecté, en 1685, aux paroisses de Langensoultzbach et de Froeschwiller. Il y demeura jusqu’à sa relève par Peter CRAMER, en 1690. Il se rendit ensuite à Dörrenbach (Palatinat) où il se remaria le 10 juin 1704 avec Anna Margaretha SCHAEFFER, la fille de Barthold SCHAEFFER. La fille du pasteur, Anna Margaretha, issue du premier lit, épousa le 19 mai 1711 à Dörrenbach un certain Johann Martin GAUCKLER, originaire de Wissembourg, et tourneur de profession. Le pasteur GUNDHARDT était également un amateur d’eau-de-vie (« Branntweintrinker »)[xxxvii], qu’il ne versait visiblement pas « dans ses chaussures »… Si cela est évoqué dans les textes, on peut imaginer que cela a pu lui causer quelques désagréments paroissiaux voire lui être fatal. GUNDHARDT mourut le 9 février 1716 à Dörrenbach.
Notes
[i] Szabó Miklós/Tonk Sándor: Erdélyiek egyetemjárása a korai újkorban 1521–1700 – Fontes rerum scholasticarum VI. (Les universitaires originaires de Transylvanie à la période moderne 1521–1700), Szeged 1992.
[ii] Johann Werner Krauß : Antiquitates et Memorabilia historiae Franconicae: besonders Hildburghausen, Hildburghausen 1753, page 230.
[iii] Marie-Joseph Bopp : Die evangelischen Gemeinden und Hohen Schulen im Elsass und Lothringen von der Reformation bis zur Gegenwart. 2 tomes. Neustadt an der Aisch : Degener, 1963-1965.
[iv] Bernhard Weissenborn: Album Academiae Vitebergensis, Jüngere Reihe. T. 1. 1602-1660. « Samuel Sylvanus Coronâ Transylvanus », 31.12.1659.
[v] Gustav C. Knod : Urkunden und Akten der Stadt Strassburg, Dritte Abtheilung, Die alten Matrikeln der Universität Strassburg (1621-1793), Trübner, Strassburg, 1897, Volume 1, page 641 : « Samuel Sylvanus Coronâ Transylvanus », 23.11.1668.
[vi] AD67 : Registre paroissial protestant de la paroisse St-Pierre-le-Jeune (Strasbourg). Transcription de l’acte de décès : « [26 avril 1675] J.(ung) Stephanus Roth S.(ancta) Theol(ogia) Stud(iosus) bürtig zu Hermannstadt (sic!) in Siebenbürgen. P.(ater) Cognomine Wullenweber, M.(utter) Cath(arina) Thomassin aet(atis) 30. Jahr 3 M.(onat) 3 W.(oche) [inhumation le 28 avril 1675] »
[vii] Stephanus Keinzelius, Samuel Sylvanus : Honor Postremvs, quem Viro Juveni … Domino Stephano Roth, Bistricio Transsylvano : Qui In alma Argentinensium Universitate Anno Christi Salvatoris nostri, MDCLXXV. pridie Nonas Maij … vivere desiit, & animam Deo … recommendavit / gemebundi praestabant Domini Conterranei, Amici, & Sodales
[viii] Registre paroissial d’Obersoultzbach : « Sub Pastoratu Samuelis Sylvani Coronâ Transylvani, sequentes baptizati sunt infantes.[18 Août 1683] », « Samuel Sylvano Pfarrer daselbsten ».
[ix] Registre paroissial d’Allenwiller 1688-1721 : « Nachfolgende getauffte Kinder sind von mir Samuele Sylvano Coronâ Transylvano gewesene Pfarrer der Gemeinen Obersultzbach und Filial Weinburg, auch Diacono in Ingweiler und Diacono in Westhoffen, getauft worden » [2 avril 1693]. ; « Folgende Verstorbene sind von mir Samuele Sylvano von Cronstadt evangelische Pfarrer in Ahlenweiler nachts begraben worden » [29 mars 1693]
[x] Boris Dottori : Le village disparu d’Elmerforst, in : Archéologie médiévale, 2007, 2008, 2009, 2011. La Fondation de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg est une institution créée au 13e siècle ayant pour but de récolter les fonds nécessaires à la construction et à l’entretien de la cathédrale de Strasbourg. Ces fonds proviennent de dons faits par des particuliers en échange du salut de leur âme, et des revenus issus des domaines fonciers constitués par la Fondation.
[xi] AD67 : Registre paroissial protestant d’Allenwiller. Transcription de l’acte de décès de Samuel SYLVANUS : « Den ixtn viiibris (9ten Octobris) [1718] starb der Weyl[and] wohlehrwürdige und wohlgelehrte Herr Samuel Sylvanus treueifri. den xit. Ejusdem ; seines Alters 80 Jahr 2 Wochen und 2 Tag. In seinem ? allhier war derselbe 24 Jahr und ein halbes. St. M. Johann Jacob Eugelbach Beati adjunctus. EM Eva Metzgerin als Wittwe. Samuel Sylvanus des seligen verstorbenen Sohn »
[xii] Johann CRAMER (KRAMER, KRÄMER, CRAMERUS), né vers 1630 à Bonesdorf (Alsóbajom), immatriculé au lycée de Mediasch (Mediaș) en 1645, 1655 et 1656, est ordonné prêtre le 21 mai 1665 à Straßburg am Mieresch (Aiud), où il décédera quelques années plus tard, vers 1670. L’un de ses fils, Martin, né vers 1669 à Straßburg am Mieresch (aussi appelé Großenyed), a étudié à l’Université de Wittenberg où il s’immatricule le 17 février 1688 : « Martinus Cramerus Enyediensis Transylvanus ». Sources : Mediascher Gymnasial-Matrikel – dactylographie, Gustav Servatius, 1941 ; Staatsarchiv Hermannstadt, Landeskonsistorium Inv. Nr. 8. : Ordinationsmatrikel (1573-1743), p.535 ; Series Pastorum.Die Pfarrer der evangelischen Gemeinden A. B. in der Rumänischen Volksrepublik von der Reformation bis zur Gegenwart. Gustav Arz. (= Siebenbürgische Familienforschung 8/1991, p.32).
[xiii] Le texte de la dissertation de philosophie de Peter CRAMER fut publiée par l’imprimerie de Leutschovia (Levoča, aujourd’hui en Slovaquie), voici son titre : Symperasmata Philosophiae Rationalis, ex prima mentis operativae deducta et elicita, in dimida plagula. Praeside Elia Ladivero, Coll. Eper. P. P. Scholae Schaesburgensis Rectore. Respondente. Petro Cramero Bonosdorfiensi Scho. Stud. Disputabuntur ad diem… Februar. Hor. Matt. Anno M. DC. LXXIX., Leutschoviae. Si la référence bibliographique nous est connue, il semble à ce jour ne plus exister le moindre exemplaire.
[xiv] Georg Daniel Teutsch : Zur Geschichte des Schäßburger Gymnasiums (Forts.- 1678-1741), Progr. Schäßb. Gymn. 1852/53. [Lehrer-Tabelle 1678-1741] S. 37 : « Petrus Cramer aus Bonesdorf ex praefecto, proficisitur in Germaniam 1681 d. 10. Januar ».
[xv] Friedrich Teutsch : Die siebenbürgisch-sächsischen Schulordnungen. 1: 1543–1778. Hofmann, Berlin 1888 (=Monumenta Germaniae Paedagogica, Band 6). Pages 64-83 : « Jus leges et ordo institutionis rei literariae pro schola Schesburgensi » : réglement scolaire de Schäßburg, établi le 13 mars 1620.
[xvi] Gustav C. Knod (idem), volume 1, page 374 : « Petrus Craemerus, Bonosdorffino Transylvanus », 5 mai 1681, Faculté de Philosophie.
[xvii] AD67 : Registre paroissial protestant de la paroisse du Temple-Neuf (Strasbourg). Transcription de l’acte de mariage : Dom. 4 post Epiphanien [Anno MDCLXXXV] / Zum 1. mahl H[er]r Peter Cramer fürstl:[isch] Pfaltz-Veldenzischer / Herrschaft in Wald-Hambach Weiland Donatius Cramers gewe-/senen Landmanns der Gräffl:[ischen] Redlischen Herrschaft in Siben-/bürgen nachgelass:[ener] ehel.[iche] S.[ohn] / J[ung]fr[au] Anna Maria H.[err] Samuel Brunn Goldarbeiters und Kanzleybotten alhier ehel:[iche] T.[ochter].
[xviii] Filiation : Conrad HUBERT (1507-1577), diacre, théologien, hymnologue, prédicateur, éditeur des écrits de Bucer / Samuel HUBERT(1542-1619), professeur à l’Académie de Strasbourg / Samuel HUBERT(1577-1636), administrateur-gérant à Strasbourg (de la tuilerie près du Rhin, du pont sur le Rhin, du grenier à grains) / Maria HUBERT(1600-?), épouse de Georg BRUNN, boulanger à Strasbourg / Samuel BRUNN(1625-1686), orfèvre puis messager à la chancellerie de Strasbourg / Anna Maria BRUNN (1660-1702/), épouse de Peter CRAMER, pasteur.
[xix] Johann Adam : Evangelische Kirchengeschichte der elsässischen Territorien bis zur Französischen Revolution, Heitz, Strasbourg, 1928. Page 230 : « Der Pfarrer Peter Cramer aus Bondorf in Siebenbürgen, der 1690 durch den Inspektor der Oberbronner Herrschaft, Jakob Aulber, installiert wurde, wohnte bis 1697 noch in Fröschweiler, dann aber in Langensulzbach. »
[xx] AD67 : Registre paroissial protestant de Langensoultzbach. Transcription de l’acte de décès de Peter CRAMER (le pasteur Johannes HAUGI et son épouse Anna Ursula HANS, venaient de perdre leur fille Catharina Salomé, ceci expliquant la confusion de la rédaction de la fin de l’acte) : « Dienstag den 26. August 1738 Nachts zwischen 11-12 Uhr, ist allhier in Langensoultzbach in dem Herrn seelig entschlafen, und am Donnerstag den 28. darauf ehrlich zu Erden bestattet worden der wohl ehrwürdige alte Greiß, und über 48 Jahre allhier gewesener treufleißiger Pfarrer und Seelsorger der beyde Gemeinden Langensultzbach und Fröschweiller, und etlicher anderer darauf sich beziender Dörflein und Höh : nahmens Petrus CRAMER, aus Bonsdorff in Siebenbürgen gebürtig : nach der von Herr Special HOEFEL in Woerth (nach der von diesen beyden herren im leben längstens gethaue abredt, daß der längst lebende dem anderen wo möglich die Leichpredigt halten solle) über Hosea cap.XI, v.8.9 als über von dem seelige Pfarrer längstens selbsterwehlten Leichentext gahaltener Leichpredigt. [Ja beyder ! mein erst= und eingeborenes Töchterlein, in der nächste Nacht zu Donnerstag auch seelig verschieden war, und also.: der älteste und das jüngste im Pfarrhaus todt lagen) seines hohen alters : 83 jahr : nach… »
[xxi] Comme de nombreux étudiants, Martin Weber utilisait parfois la forme latinisée de son nom.
[xxii] Rudolf Briebrecher: Mitteilungen aus der Nagyszebener (Hermannstädter) Gymnasialmatrikel, [1654-1719] dans : Progr. Ev. Gymn. A.B. Hermannstadt, Schuljahr 1910/1911, Hermannstadt, 1901. Page 43 : N°61 « Martinus Textoris Bonosd[orf]. A[nn]o 79 die 9. Jan. honeste valedixit iturus Schäßb[urg] ».
[xxiii] Gustav C. Knod (idem), volume 1, page 650 : « Martinus Weber Bonosdorffensis Transylvanus », 5 mai 1681, Faculté de Théologie.
[xxiv] AD67 : registre paroissial protestant d’Oberbronn, registre des baptêmes (1685-1695) : [5.11.1688] « Im Nahmen Matthias Jülig als Schreiber urkundig unterschreibt Martin Weber Praeceptor von Zinsweiler erbettener Zeug ». Son prédécesseur à ce poste d’instituteur depuis au moins 1685, Zacharias MEISTER, est cité en dernier lieu (dans le même registre) le 25.07.1687, à l’occasion du baptême de son fils. Martin WEBER a donc été affecté au poste d’instituteur de l’école protestante d’Oberbronn en 1687 ou 1688.
[xxv] Bopp : Die evangelischen Gemeinden und Hohen Schulen im Elsass und Lothringen von der Reformation bis zur Gegenwart. 2 tomes. Neustadt an der Aisch : Degener, 1963-1965. Il indique que la paroisse protestante d’Oberbronn était desservie par deux pasteurs : le premier pasteur était en même temps inspecteur du bailliage d’Oberbronn, son diacre simultanément pasteur de Zinswiller et instituteur à Oberbronn. Il n’indique cependant pas de période. Un peu plus loin, il dit que ce diacre n’a été instituteur que jusqu’en 1710, sans doute parle-t-il de Philipp Jacob LUFT, diacre entre 1703 et 1710, qui a dû prendre en sus la succession de Martin Weber à son poste de précepteur, devenu vacant.
[xxvi] AD67 : registre paroissial protestant d’Oberbronn, registre des mariages (1686-1787) : « Den 5. Februarius [1693] wurden nach dreymahlig Proclamation copulirt, H. Martinus Weber Transylvanus Praceptor allhier und Jfr. Anna Barbara Johann Philipps Spechtens Burgers und Reebmanns Tochter allhier, und ist diesen Actus von folgenden Interessenten bezeugt worden. Martinus Weber, Hans Jacob Schneider, Johan Paulus Mader. »
[xxvii] Friedrich Orendi : Series Pastorum: Seiden. dans Siebenbürgische Familienforschung 11 (1994) 1, page 23. Johannes HONIUS (Villici) père a été ordonné prêtre le 14 octobre 1642 et était pasteur à Seiden entre 1643 jusqu’à sa mort vers 1654/55. Un autre de ses fils était Michael HONIUS, le prédécesseur de Peter Cramer au poste d’enseignant à Schäßburg.
[xxviii] Gustav Servatius : Namen-INDEX der Mediascher Gymnasial-Matrikel, dactylographie, 1941.
[xxix] Elias von Steinmeyer : Die Matrikel der Universität Altdorf (1576-1809), Teil 1, Stürtz, Würzburg, 1912. Page 385 : « Johannes Honius Seidnâ-Transylvanus Saxo », 18 février 1676.
[xxx] Gustav C. Knod (idem), Volume 2, page 27 : « Johannes Honius Seidnâ Transylvanus Saxo », 20 juin 1679.
[xxxi] AD67 : Registre paroissial protestant de la paroisse St-Guillaume (Strasbourg). Transcription de l’acte de mariage : « ejusdem Dominicis [12 et 19. Juin 1681]. Hr. Johannes Hohnius von Saiden in Siebenbürg Hr. Johannes Hohnius gewesen Pfarrers zu Seiden in gedachtem Siebenbürg undt decanus capituli Wolgatziensis nachgelassen ehelicher Sohn undt Frau Anna Catharina Herrn Christoph Wilhelm Stromers gewesenen Notarius inderlassene Wittib. »
[xxxii] AD67 : registre paroissial de Mertzwiller
[xxxiii] Gustav C. Knod (idem), Volume 1, page 373 : « Georgius Wentzelius, Transylvanus », 30.04.1679, Faculté de philosophie.
[xxxiv] AMW 17S 37 : Clément STRIEBIG a confectionné un dossier personnel pour Georg WENTZEL en transcrivant différents documents originaux le concernant (procès-verbaux du Magistrat de la ville de Wissembourg, actes notariés, etc.)
[xxxv] AD67 : registre paroissial protestant de Wissembourg (paroisse St-Jean)
[xxxvi] AD67 : registre paroissial protestant de Bouxwiller, registre des mariages : « von Medwisch aus Siebenbürgen(*), Wohlverordenter fürst. Pfaltzveldenzischer Pfarrer zu Wintersburg und Berling, Lützelsteinischer Herrschaft […] (*)pater H. Andreas Gunthard gewes. Conrector ibidem »
[xxxvii] Georg Biundo : Die evangelischen Geistlichen der Pfalz seit der Reformation (Pfälzisches Pfarrerbuch). Degener, Neustadt an der Aisch, 1968, p.158.
